“ Qu’est-ce qu’elle dit, la mtaèire vivnate ?…”

“ Qu’est-ce qu’elle dit, la mtaèire vivnate ?…”

Muni d’un casque audio, le spectateur visite une salle plongée dans une semi-obscurité où est projeté un film relatif aux quatre éléments. Le texte diffusé dans le casque traite des OGM. Il se transforme en fonction du déplacement du visiteur, jusqu’à n’être plus du tout compréhensible. Ce travail questionne l’analogie entre la séquence d’ADN et la phase syntaxique. A partir des mécanismes de fabrication de l’ADN, Jean-François Piette a cherché des analogies avec les verbes, les adjectifs, la ponctuation, les structures nominales… Il a fabriqué un logiciel qui opère des mutations sur la phrase. Il produit des textes qui perdent naturellement leur sens et qui relèvent de la poésie sonore. L’objectif est de montrer qu’en triturant le vivant de manière inconsidérée, on perd le sens.

Gagner du temps

Gagner du temps

Le rythme naturel de l’évolution des espèces est beaucoup plus long que le temps de la vie humaine. Or, dans notre volonté de façonner le monde, le temps devient un obstacle. La recherche scientifique appliquée se trouve dans l’obligation de l’accélérer. Evidemment, la dimension économique est importante ; dans le domaine agricole, par exemple, si la recherche permet de gagner cinq ans en créant de nouveaux hybrides, le taux de rentabilité des parcelles se trouve augmenté. Mais cela est-il motivé par une volonté de satisfaire aux besoins de populations en pleine croissance, ou par un désir effréné de rentabilité à court terme ?

Cette installation met en scène cette interrogation, en montrant une expérience qui accélère la décomposition de souches d’arbres afin de dégager plus rapidement de la surface exploitable.

Interac wearing

Interac wearing

La marche est un support de pensée utilisé depuis des siècles par les philosophes poètes et les adeptes de la méditation. Le principe de circularité qu’elle met en place dans sa rythmicité nous permet de nous dissocier du monde environnant, pour plonger dans un univers qui nous est propre. Natacha Roussel a conçu les premiers prototypes de costumes sonores en se souvenant de ces moments où, marchant seul dans une rue déserte, il n’y a que soi-même et le bruit de ses pas.

Avec Marc Herbin, elle a réalisé des entrevues de chercheurs, observé les systèmes d’analyse de mouvement. Elle a alors essayé d’intégrer les processus d’expérimentation artistique sur la marche mis en place par Experimentiae Electricae à cette science de l’invisible qui essaie encore de comprendre les mystères de ce geste aussi simple et quotidien qu’est la marche.

IKB / Satin Bird

IKB / Satin Bird

Sarah Garzoni a voulu étudier comment une intervention humaine peut être intégrée, voire participer à un phénomène évolutif. Elle a ainsi fabriqué une centaine de petits objets reprenant des formes et la couleur chères à Yves Klein puis les a disséminé près des aires de parade des oiseaux satin. Ces derniers ont la particularité de construire des nids dont la fonctionnalité repose sur des critères proches de la notion d’esthétique. En effet, les femelles choisissent leur partenaire en fonction de la régularité, de la complexité et de la rareté des composants du nids qui celui-ci sera parvenu à construire. Ainsi, les mâles ne collectent que des objets de couleur bleue, assez rares dans la nature.

Les photographies des nids composés de ces objets constituent le coeur de l’exposition. Cette dernière nous interroge sur la valeur de l’art, le sens esthétique, et finalement sur la condition humaine vis-à-vis des autres espèces animales.

Motoo Viridis

Motoo Viridis

Auteur de la théorie neutraliste de l’évolution, Motoo Kimura a introduit une véritable rupture dans le monde darwinien, en affirmant que ce n’est pas la nécessité qui guide le processus de l’évolution, mais le hasard. Selon lui, ce sont les espèces les plus chanceuses qui survivent.

Evocation et interprétation poétique de cette théorie, « Motoo Viridis » présente un film « cellule », où des « graines » vidéo se transforment, se divisent et évoluent, générant ainsi un tissus organique virtuel proche du vivant. Loin de l’habituel écran rectangulaire, la surface de projection, qui constitue « l’enveloppe » de ce film-cellule, est elle-même dotée d’une plasticité visuelle et sonore ; mouvante, hybride, elle est une sorte de pâte à modeler organique complexe, qui estompe un peu plus la frontière entre réel et imaginaire.